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Ces poèmes que vous avez adorés.
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heavenhel


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 12:15 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

la poésie, on aime ou on n'aime pas. Bien souvent, dans un recueil seuls un ou deux poèmes nous émeuvent vraiment, nous marque et nous font à eux seuls nous dire qu'on a bien fait de lire ce recueil. Quels sont ces poèmes pour vous ?

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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 12:15 (2009)    Sujet du message: Publicité

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heavenhel


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 12:17 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

.....

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heavenhel


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 12:18 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

......

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Béné


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 12:24 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

Eh bien tu vois, j'ai du mal avec Hugo poète. Je trouve ca trop ... laborieux, artificiel, et un peu mièvre (sans vouloir t'offenser ).
_________________
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heavenhel


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 12:31 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

C'est bien qu'on est pas tous les mêmes goûts Wink
Et toi, quels sont les poèmes qui t'ont plu ?


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Béné


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 12:38 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

Aaah par contre, je n'avais pas lu le premier, et je le préfère nettement au deuxième.
J'aime beaucoup Les Fleurs du Mal, le seul recueil (bon ok, Paroles aussi ^^') que j'ai lu d'un seul coup, sans m'arrêter, et que j'ai quasi intégralement aimé. Je vais manger (36 15 ma vie) donc je ne peux m'étendre sur le sujet pour le moment.
_________________
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myleenee


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 13:15 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

Tout comme Béné, j'aime beaucoup Les Fleurs du Mal, et plus particulièrement le poème ci-dessous:

L'ennemi 
 
Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, 
Traversé ça et là par de brillants soleils; 
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage 
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. 
 
Voilà que j'ai touché l'automne des idées, 
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux 
Pour rassembler à neuf les terres inondées, 
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux. 
 
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve 
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève 
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur? 
 
- Ô douleur! ô douleur! Le temps mange la vie, 
Et l'obscur Ennemi nous ronge le coeur 
Du sang que nous perdons croît et se fortifie! 
 
Je ne sais pas, ce poème m'a beaucoup touché Embarassed   


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Hipcherry


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 13:23 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

J'ai un truc avec Baudelaire, j'aime toutes ses dernières strophes. Sinon j'ai une passion pour Desnos, révélée par ce poème :


Les Gorges froides




À Simone



À la poste d’hier tu télégraphieras
que nous sommes bien morts avec les hirondelles.
Facteur triste facteur un cercueil sous ton bras
va-t’en porter ma lettre aux fleurs à tire d’elle.

La boussole est en os mon cœur tu t’y fieras.
Quelque tibia marque le pôle et les marelles
pour amputés ont un sinistre aspect d’opéras.
Que pour mon épitaphe un dieu taille ses grêles !

C’est ce soir que je meurs, ma chère Tombe-Issoire,
Ton regard le plus beau ne fut qu’un accessoire
de la machinerie étrange du bonjour.

Adieu ! Je vous aimai sans scrupule et sans ruse,
ma Folie-Méricourt, ma silencieuse intruse.
Boussole à flèche torse annonce le retour. "


Sinon je pense aussi à The Raven de Poe mais je vais peut-être vous l'épargner en entier...

""Prophet!" said I, "thing of evil — prophet still, if bird or devil!
By that Heaven that bends above us — by that God we both adore —
Tell this soul with sorrow laden if, within the distant Aidenn,
It shall clasp a sainted maiden whom the angels name Lenore —
Clasp a rare and radiant maiden whom the angels name Lenore."
Quoth the Raven, "Nevermore."

"Be that word our sign in parting, bird or fiend," I shrieked, upstarting —
"Get thee back into the tempest and the Night's Plutonian shore!
Leave no black plume as a token of that lie thy soul hath spoken!
Leave my loneliness unbroken! — quit the bust above my door!
Take thy beak from out my heart, and take thy form from off my door!"
Quoth the Raven, "Nevermore."

And the Raven, never flitting, still is sitting, still is sitting
On the pallid bust of Pallas just above my chamber door;
And his eyes have all the seeming of a demon's that is dreaming,
And the lamplight o'er him streaming throws his shadow on the floor;
And my soul from out that shadow that lies floating on the floor
Shall be lifted — nevermore!
"

(c'est la fin)
_________________
Hypo à Henri 4
"I know this girl who had a huge crazy freakout because she took too many behavioral meds at once. She took off her clothes and jumped into the fountain at Ridgedale Mall and she was like, "Blaaaaah! I'm a kraken from the sea!" "


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T-d-M


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 15:40 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

J'crois que Baudelaire est vraiment le seul poète à mettre d'accord à peu près tous ceux qui l'ont lu ! Enfin j'ai encore jamais rencontré quelqu'un qui n'a pas aimé ses Fleurs du Mal.

Un de mes préférés de Baudelaire (un peu long mais faut le lire jusqu'au bout) :

Les Femmes damnées

A la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

Etendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remerciement.

Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

- "Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses ?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?

Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants ;

Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma soeur! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,

Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles !
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin !"

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête :
- "Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.

Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

Avons-nous donc commis une action étrange ?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :
Je frissonne de peur quand tu me dis: "Mon ange !"
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée !
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais un embûche dressée
Et le commencement de ma perdition !"

Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique :
- "Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ?

Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté !

Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !

Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers ;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...

On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître !"
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain: - "Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur !

Brûlant comme un volcan, profond comme le vide !
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.

Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos !
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde,
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux !"

- Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel !
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs ;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes ;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.

L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.

Lion des peuples vivants, errantes, condamnées,
A travers les déserts courez comme les loups ;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous !

(J'aime beaucoup l'adaptation de Saez, pour ceux qui la connaissent...)
_________________
ex HK à Victor Hugo
L3 à Paris III en Lettres Modernes et Cinéma


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heavenhel


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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 16:13 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

....

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Lolypop


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MessagePosté le: Mar 28 Avr - 12:53 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

mon poète préféré est de trèèèèèèèèèèèèèès loin Baudelaire Embarassed ah, j'adore ! D'ailleurs le poème que tu cites, Myleene, me touche beaucoup également Okay
,
Néanmoins, mon poème favori demeure celui-ci :

Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître, et que ton coeur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n'est assez de toute l'Italie,
Que l'Orient contre elle à l'Occident s'allie;
Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu'elle même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du Ciel allumé par mes voeux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes voeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause et mourir de plaisir !

Pierre Corneille
Horace (1640)
Acte 1V, 6, v. 1301-1318
_________________
Hk déchue.
BA3 infocom


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Raquel


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MessagePosté le: Mar 28 Avr - 13:36 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

Mon poète préféré est Eluard, incontestablement. Baudelaire, je suis très très moyennement fan, en réalité... Ceci dit j'aime beaucoup  Les femmes damnées et Lesbos .

Lesbos


Mère des jeux latins et des voluptés grecques,
Lesbos, où les baisers, languissants ou joyeux,
Chauds comme les soleils, frais comme les pastèques,
Font l'ornement des nuits et des jours glorieux
Mère des jeux latins et des voluptés grecques,

Lesbos, où les baisers sont comme les cascades
Qui se jettent sans peur dans les gouffres sans fonds,
Et courent, sanglotant et gloussant par saccades,
Orageux et secrets, fourmillants et profonds
Lesbos, où les baisers sont comme les cascades !

Lesbos, où les Phrynés l'une l'autre s'attirent
Où jamais un soupir ne resta sans écho,
À l'égal de Paphos les étoiles t'admirent
Et Vénus à bon droit peut jalouser Sapho !
Lesbos, où les Phrynés l'une l'autre s'attirent,

Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses
Qui font qu'à leurs miroirs, stérile volupté !
Les filles aux yeux creux, de leurs corps amoureuses,
Caressent les fruits mûrs de leur nubilité ;
Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses
,
Laisse du vieux Platon se froncer l'oeil austère,
Tu tires ton pardon de l'excès des baisers,
Reine du doux empire, aimable et noble terre
Et des raffinements toujours inépuisés.
Laisse du vieux Platon se froncer l'oeil austère.

Tu tires ton pardon de l'éternel martyre,
Infligé sans relâche aux coeurs ambitieux,
Qu'attire loin de nous le radieux sourire
Entrevu vaguement au bord des autres cieux !
Tu tires ton pardon de l'éternel martyre !

Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge
Et condamner ton front pâli dans les travaux,
Si ses balances d'or n'ont pesé le déluge
De larmes qu'à la mer ont versé tes ruisseaux ?
Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge ?

Que nous veulent les lois du juste et de l'injuste ?
Vierges au coeur sublime, honneur de l'archipel,
Votre religion comme une autre est auguste,
Et l'amour se rira de l'Enfer et du Ciel !
Que nous veulent les lois du juste et de l'injuste ?

Car Lesbos entre tous m'a choisi sur la terre
Pour chanter le secret de ses vierges en fleurs,
Et je fus dès l'enfance admis au noir mystère
Des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs ;
Car Lesbos entre tous m'a choisi sur la terre.

Et depuis lors je veille au sommet de Leucate,
Comme une sentinelle à l'oeil perçant et sûr,
Qui guette nuit et jour brick, tartane ou frégate,
Dont les formes au loin frissonnent dans l'azur ;
Et depuis lors je veille au sommet de Leucate

Pour savoir si la mer est indulgente et bonne,
Et parmi les sanglots dont le roc retentit
Un soir ramènera vers Lesbos, qui pardonne,
Le cadavre adoré de Sapho, qui partit
Pour savoir si la mer est indulgente et bonne !

De la mâle Sapho, l'amante et le poète,
Plus belle que Vénus par ses mornes pâleurs !
- L'oeil d'azur est vaincu par l'oeil noir que tachette
Le cercle ténébreux tracé par les douleurs
De la mâle Sapho, l'amante et le poète !

- Plus belle que Vénus se dressant sur le monde
Et versant les trésors de sa sérénité
Et le rayonnement de sa jeunesse blonde
Sur le vieil Océan de sa fille enchanté ;
Plus belle que Vénus se dressant sur le monde !

- De Sapho qui mourut le jour de son blasphème,
Quand, insultant le rite et le culte inventé,
Elle fit son beau corps la pâture suprême
D'un brutal dont l'orgueil punit l'impiété
De celle qui mourut le jour de son blasphème.

Et c'est depuis ce temps que Lesbos se lamente
Et, malgré les honneurs que lui rend l'univers,
S'enivre chaque nuit du cri de la tourmente
Que poussent vers les cieux ses rivages déserts !
Et c'est depuis ce temps que Lesbos se lamente !
_________________
Future hk à LLG !


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Ewie


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MessagePosté le: Mar 28 Avr - 16:46 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

Citation:
"Miroir d'un moment" d'Eluard

"Il dissipe le jour,
Il montre aux hommes les images déliées de l'apparence,
Il enlève aux hommes la possiblité de se distraire.
Il est dur comme la pierre,
La pierre informe,
La pierre du mouvement et de la vue,
Et son éclat est tel que toutes les armures ,tous les masques en sont faussés.
Ce que la main a pris dédaigne même de prendre la forme de la main,
Ce qui a été compris n'existe plus,
L'oiseau s'est confondu avec le vent,
Le ciel avec sa vérité,
L'homme avec sa réalité."


Sinon celui-ci,adressé à Gala
Citation:
"XXIX"

"Il fallait bien qu'un visage
Réponde à tous les noms du monde"


Pami ceux que j'aime beaucoup du même il y a "La courbe de tes yeux","Les hommes errants..." et sinon: "Le message", "Je suis comme je suis" de Prévert, "L'invitation au voyage" de Baudelaire...

Ewie
_________________
Don't teach Granny to suck eggs!


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ERRare


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Messages: 948
Localisation: Ile De France
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Classe: Tlittéraire

MessagePosté le: Mar 28 Avr - 18:25 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

La courbe de tes yeux. Okay
_________________
"On échappe pas au ridicule par une affectation de gravité" Bernanos.


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Raquel


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Inscrit le: 02 Mar 2009
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MessagePosté le: Mar 28 Avr - 23:42 (2009)    Sujet du message: Ces poèmes que vous avez adorés. Répondre en citant

Je t'aime, toujours d'Eluard...
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